Vendredi 29 août 2014 à 19:51

 Au programme de ce petit point cinématographique, un avis rapide sur mes trois derniers visionnages. Il s'agit de Max et les Maximonstres, Joséphine et Nos étoiles contraires. 

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Max et les maximonstres
, de Spike Jonze. 

Adapté de l'album jeunesse de Maurice Sendak, Max et les maximonstres avait tout pour me séduire. Une histoire qui me plaît beaucoup, un univers complètement féerique... Mais j'avais très peur de l'adaptation. Pourquoi ? Parce que j'ai toujours peur des adaptations, la plupart du temps je suis déçue. Mais là, j'ai vraiment aimé ce film. La musique est chouette, l'ambiance très bien retranscrite, et ces monstres.... Chapeau au travail d'animation, ils sont parfaits. L'acteur qui joue Max a réussi à me convaincre, et l'histoire, tout en étant simple, reste assez prenante.  Ce qui m'a plu, c'est cette forme de mélancolie qui suit le spectateur tout au long du film. Ce n'est pas flagrant, mais c'est là, gentiment, dans un coin, et ça ne vous lâche pas. 

Mais, quand même, j'y pense en revoyant l'affiche, le titre anglais est quand même sacrément plus beau...
 





http://www.etenplusellelit.fr/images/josephine.jpgJoséphine
, d'Agnès Obadia. 

La BD de Pénélope Bagieu, je connais, et j'aime bien. Mais les adaptations de BD en film, je suis toujours un peu plus mitigée, et surtout pour celle-là. L"histoire pourrait tenir la route, au début, avant de sombrer dans un assez grand n'importe quoi. Alors ça reste drôle, un peu, jusqu'à la fin, mais pas de quoi en faire non plus tout un flan. Le problème avec ce film, c'est qu'il n'a rien de détestable, il est divertissant, on le regarde jusqu'au bout, sans avoir grand chose à redire. Mais au final, on n'est pas convaincu par le scenario, ni par la prestation assez médiocre de Marilou Berry, on cherche l'humour ravageur de Bérangère Krief sans le trouver ... Alors je pense que je vais tout simplement retourner à la BD... 









http://www.etenplusellelit.fr/images/600x800229922.jpgNos étoiles contraires
, de Josh Boone 

C'était LA sortie ciné que j'attendais, batte de baseball à la main. Après avoir crié mon amour totalement subjectif pour le roman de John Green, j'avais un peu le poil hérissé à l'idée qu'Hazel et Augustus fasse leur apparition sur grand écran. Et puis, parfois, ce qu'il y a de bien avec la vie, c'est qu'elle vous surprend. Pour une adaptation, c'est quand même super chouette. Scenario qui respecte le livre, dialogues fidèles, acteurs étonnamment justes, tout y est. Loin d'être des bellâtres lisses, nos deux jeunes tourtereaux sont tout simplement adorables. Leur jeu est bluffant, notamment celui d'Ansel Elgort lors de la scène de la station-service (âmes sensibles, munissez-vous de votre mouchoir). 
Peut-être que la scène amstellodamoise du restaurant m'a moins convaincue, tout était un peu trop, notamment le serveur. Mais j'ai apprécié l'humour, la musique, l'ambiance, la manière de retranscrire à l'écran les sms, la scène de casse des trophées, ou du lancer d'oeufs. Dire que ce film m'a touchée serait un euphémisme. J'ai pleuré comme un veau. Voilà c'est dit. Presque autant que dans le roman, c'est donc que j'y ai retrouvé des émotions, des ressentis. Triste sans tomber dans le pathos gratuit, drôle sans se forcer, c'est la justesse qui caractérise Nos étoiles contraires, et le film est pour cela à l'image du roman. 


Et sur ces belles paroles, je m'en vais manger du fromage en regardant un replay de "Des trains pas comme les autres", émission dont je vous parlerai sûrement prochainement. 

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Mercredi 27 août 2014 à 21:27

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S’il y avait une ombre, en tout cas, qui ne pouvait jamais être effacée, c’était l’angoisse. Héritée de génération en génération, l’angoisse, pour les femmes dont les hommes gagnaient leur vie en mer, était comme un papillon prisonnier de leurs entrailles : battant des ailes, se cognant, il n’arrivait jamais à s’évader et restait rarement tranquille. Quand, après une période en mer, le pêcheur rentrait chez lui quelques jours, ces ailes terrorisées s’apaisaient si brièvement que les zones lésées n’avaient aucune chance de guérir. "

http://www.etenplusellelit.fr/images/002941079.jpgDepuis l'enfance, Myrtle et Annie passent leur temps ensemble. Alors que la première est modeste, réservée, timide, sans prétention, sa compagne est sublime, culottée, vaniteuse et aguicheuse. Et pourtant, bon gré mal gré, elles avancent à travers leur vie main dans la main, même dans les tempêtes, même dans les disputes. Elles peuvent se lancer leur haine à la figure, elles se retrouvent vite à nouveau dans la cuisine de Myrtle à battre les cartes et passer le temps en attendant le retour de leurs hommes. Comme toutes les femmes de marins, elles ont l'oeil sans cesse rivé sur la mer, à guetter les coups de chien, à essayer de ne pas penser à la fragilité des vies de ceux qu'elles chérissent. Mais malgré tout l'amour qu'elles se portent mutuellement, malgré leur amitié d'enfant, puis d'adulte, quand le pire advient, quand la douleur frappe en pleine poitrine, les vieilles rancoeurs ressortent. Comment réapprendre à vivre quand la vie s'arrête ? Et quand la personne qui pourrait nous épauler se met à déverser sur nous ses ressentiments ?

Que ce soit le titre, ou la couverture, tout me plaisait au premier abord dans ce roman. Et même après lecture, je ne regrette pas les bons moments passés dans ce petit port de pêche écossais. Je n'ai certes pas eu le coup de coeur que j'attendais, mais à aucun moment je n'ai eu envie de mettre de côté ce roman. Angela Huth est plutôt douée pour décrire les relations amicales et amoureuses, pour dépeindre la douleur, les tourments de l'adolescence...

J'ai quand même quelques petites choses à redire. Je ne voudrais pas passer pour une fondamentaliste de la langue française, toujours prête à construire des barricades pour l'honneur de la syntaxe, mais certaines tournures m'ont dérangées. De même, l'utilisation de certains mots comme "pépère" afin de décrire le mouvement d'un bateau, m'a fait tiquer. Quant aux rebondissements de l'intrigue, j'en avais anticipé une bonne partie, et n'ai pas eu de réelle surprise. Ce qui ne m'a pas empêché de finir ma lecture. Mais la fin est un peu fleur bleue, alors que certains passages peuvent être, au contraire, terriblement rudes.

Pas de réelle unité, mais tout de même une ambiance intéressante, des traditions étonnantes et surtout une thématique qui me tient à coeur : la mer, les marins, les femmes de marins, la vie dans l'attente. Tout cela est plutôt bien traité et assez plaisant. Certaines critiques ont trouvé chez Angela Huth un petit côté Jane Austen, et je peux être d'accord, sur certains points. Une héroïne assez quelconque mais attachante et finalement pleine de qualités, des déceptions amoureuses, le poids des qu'en-dira-t-on, des amitiés trahies. En tout cas, c'est très british, et ça fait passer un moment sympa.

Angela Huth. Quand rentrent les marins. Folio, 2014. 487p.


Dimanche 17 août 2014 à 19:04

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"La vie dans une ville comme celle-ci n'est qu'une suite ininterrompue de brèves rencontres accidentelles : des milliers d'inconnus qui se croisent, entrant parfois en contact, en général pas de façon significative - salut, bonne journée, un portefeuille volé, des pièces de monnaie qui tombent, pardon, monsieur, vous avez oubliez votre chapeau, des regards qui se détournent dans le métro, tenez, prenez mon siège, je n'avais pas vu que vous étiez enceinte, sinon je vous l'aurais proposé plus tôt... Mais de temps à autre, des inconnus qui se croisent peuvent se heurter de plein fouet. ça peut faire mal. C'est comme ça, en ville. ça peut même se terminer par la mort." 

http://www.etenplusellelit.fr/images/liv3460debonsvoisins.jpgAlors que Kat, une jeune serveuse dans une petite ville des Etats-Unis, rentre chez elle au milieu de la nuit, elle croise un de ses voisins. Dans la cour de son immeuble, un homme est tapi dans l'ombre, couteau à la main. Il y a énormément de fenêtres allumées, une partie de l'immeuble ne dort pas. Alors qu'est-ce qui a empêché tous ces gens d'appeler les secours lorsque l'homme a poignardé à plusieurs reprises la jeune Kat ? Qu'est-ce qui les a retenu de décrocher le combiné en entendant ses appels à l'aide, ou en voyant les traînées de sang sur le béton ? Que s'est-il passé dans leur tête, dans leurs vies, à ce moment-là, pour qu'une dizaine de témoins laissent mourir une femme qui voyait en eux sa seule chance de survie ? Minute après minute, heure après heure, Ryan David Jahn se glisse dans l'existence de ces individus, afin de comprendre leur absence de réaction, ainsi que la détresse d'une victime impuissante, regardée par tous depuis leurs fenêtres éclairées. 

Basé sur un fait divers ayant eu lieu aux Etats-Unis dans les années soixante, l'auteur cherche à expliquer ce que l'on appelle le "bystander effect", c'est à dire la probabilité plus importante que quelqu'un appelle les secours si le nombre de témoin d'un crime est réduit. En effet, plus les témoins sont nombreux et plus ils se reposent les uns sur les autres afin de gérer la situation, et c'est ce qui s'est passé dans ce cas. Chaque personne, persuadée que quelqu'un d'autre avait prévenu les secours, a assisté à la lente agonie d'une jeune femme violée et poignardée sous leurs yeux. Aucun n'est descendu dans la cour, aucun n'a tenté de lui porter secours, chacun s'est contenté de regardé, en sécurité derrière les carreaux.

J'avais déjà apprécié le style de Ryan David Jahn dans Emergency 911, mais je crois que j'ai encore plus dévoré ce roman. Assez peu de suspense, dès le départ, on sait qu'une jeune femme va mourir, on sait qui est le tueur. Mais le talent de l'auteur nous tient en haleine jusqu'à la dernière page, sans faiblir. Alors que l'on juge la situation, au départ, impossible, on se rend compte au fur et à mesure que chaque personne avait une bonne raison de ne pas appeler les secours. De la soirée échangiste à la tentative de suicide, en passant par les réflexions personnelles absorbantes, une course en pleine nuit, une rencontre inopinée avec la police, un accident de voiture qui a occupé les ambulanciers à quelques blocs du drame, personne n'était "disponible" pour Kat. Personne ne voulait se retrouver avec la police dans son salon, et les intérêts personnels sont passés avant tout le reste.

Ce qui est étonnant, dans ce roman, c'est la capacité de l'auteur à pouvoir appuyer sur des détails infimes, mais qui changent tout. Une sorte d'effet papillon du crime. Et si tel voisin était rentré, ou parti, quelques minutes plus tôt, ou plus tard, et si, et si, et si. Il n'y a pas d'explication rationnelle, c'est une combinaison malheureuse de facteurs, de hasards, qui ont donné lieu à une issue tragique. Et la plume remarquable de l'auteur sait retranscrire avec une véritable intensité les quelques heures à peine pendant lesquelles ce drame s'est joué. En trois heures à peine, on suit plusieurs vies, plusieurs quotidiens, on pénètre dans l'intimité de personnes dont les préoccupations semblent primordiales, sans oublier que dans la cour, à quelques mètres, la ténacité de Kat faiblit, à mesure que son corps refroidit lentement.

De bons voisins est un formidable roman noir, description et critique pertinentes d'une société individualiste, où la détresse de son voisin est souvent invisible, pour qui se regarde un peu trop. C'est glaçant, terriblement prenant, et assez édifiant.

Ryan David Jahn. De bons voisins. Babel noir. 2013. 272p. 

La photo du haut de l'article est celle de
Kitty Genovese, la jeune femme assassinée en 1964, et dont l'histoire à servi de base à ce roman. 

Mercredi 6 août 2014 à 22:11

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" Quand il a fallu me virer, ils se sont déplacés en nombre : le type derrière le bureau de Napoléon, trois émissaires de la direction du personnel, mon supérieur hiérarchique et quatre avocats. Comment aurais-je pu leur en vouloir ? Ils avaient fait tout leur possible. Au début, ils m'avaient prodigué quelques conseils amicaux sur la conduite à tenir, assez rapidement suivis d'un recadrage plus formel. Puis on m'avait envoyé en cure de désintox - deux fois, donc-, ce qui ne m'avait pas empêché d'alimenter trois gros dossiers intitulés "incidents". Pour finir, je n'avais pas pu couper au rendez-vous à la Maison Mère." 

http://www.etenplusellelit.fr/images/chutedesprincesgoolrick2014annecarriere.jpgBeaucoup ont rêvé d'une vie faite d'argent facile, de beaucoup d'argent, de presque trop d'argent, de sommes qui enlèvent à l'argent sa valeur, de fêtes, de femmes, de possessions matérielles aussi indispensables qu'inutiles, rapidement jetées, oubliées, dégradées. Une vie possible pour certains traders des années 80, de ceux qui arrivent au bureau à 6h le matin, la chemise impeccable et le regard frais, le cerveau en ébullition grâce à quelques milligrammes de cocaïne, les excès de la nuit déjà presque oubliés. Des enfants avec de vrais billets dans les mains. La fête a beau être la plus scintillante, la plus onéreuse, elle finit toujours par prendre fin. Des années plus tard, quelques décennies, l'un d'eux revient sur sa jeunesse, sur sa bêtise, sur une vie qui semble trop, trop tout, pour être vraie, et qui ne peut qu'être vraisemblable par sa démesure. Pas de rédemption possible, ce n'est même pas ce qu'il cherche, juste à essayer d'expliquer, pourquoi, à un moment, il a été l'allumette incandescente qui a tout illuminé, qui a tout brûlé, et lui avec. 

On connaissait déjà le talent de conteur de Robert Goolrick, ne serait-ce qu'avec son précédent roman, Arrive un vagabond. Avec La Chute des princes, le romancier change de décor, de registre, d'époque, mais ne perd aucunement en qualité. Roman au thème assez peu glamour, il nous entraîne avec lui à travers l'ascension et la chute brutale d'un homme, nous tenant suffisamment en haleine pour ne pas avoir envie de refermer le livre avant la fin. 

On retrouve l'exubérance matérielle d'American Psycho, cette bande de jeunes têtes à claques friquée à l'outrance, avec leurs costards et leurs vacances équivalant au PIB d'un pays en voie d'émergence. C'est une abondance qui écoeure, qui dégoûte, on aime détester ces hommes. Mais Robert Goolrick ne nous laisse pas l'opportunité de les abhorrer totalement, tant leur chute, leur déchéance, suscite un vieux relent de sympathie, de pitié, presque. Cet homme, dont on ne connaît que le surnom, avec sa cinquantaine pathétique, il nous tire des sourires gênés, il n'est pas méchant, il a compris la leçon, il se repent. Et c'est la force de ce roman, abolir dès le début tout ce qui pourrait sembler manichéen. Rien n'est simple, rien n'est évident, et c'est cette complexité qui est superbe. 

Au tourbillon enivrant de l'abondance succède la simplicité humble de ceux qui ont tout perdu, y compris l'estime d'eux-mêmes, l'honnêteté à l'excès de ceux qui ne peuvent plus rien cacher. On virevolte entre ces mondes, entre ces vies, ces allers-retours dans le temps que l'auteur maîtrise avec une fluidité déconcertante. On en ressort étourdi, étonné, déconcerté, on se sent légèrement sali par cette jeunesse dorée complètement paumée qui dérange. C'est l'envers du décor, derrière les paillettes, le vrai prix à payer pour une vie loin de la fange des classes moyennes. Une de mes plus belles découvertes de cette rentrée littéraire. 


Robert Goolrick. La Chute des princes. Anne Carrière, 2014. 231p. Parution le 28 août 2014. 

Lundi 4 août 2014 à 15:20

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“You look ridiculous,” Wren said.

“What?”
“That shirt.” It was a Hello Kitty shirt from eighth or ninth grade. Hello Kitty dressed as a superhero. It said SUPER CAT on the back, and Wren had added an H with fabric paint. The shirt was cropped too short to begin with, and it didn’t really fit anymore. Cath pulled it down self-consciously.
“Cath!” her dad shouted from downstairs. “Phone.”
Cath picked up her cell phone and looked at it
“He must mean the house phone,” Wren said.
“Who calls the house phone?”
“Probably 2005. I think it wants its shirt back.” 

http://www.etenplusellelit.fr/images/fangirl3dcover.jpg C'est le moment de quitter le cocon familial pour Cather et Wren, et de découvrir les joies de l'université. Et même si Wren a l'air tout à fait prête à plonger dans le monde des soirées, de la vie indépendante, des garçons, sa jumelle Cath vit les choses avec un peu moins de passion. Elle aurait aimé être la colocataire de sa soeur, ne pas se retrouver trop seule. Heureusement qu'il lui reste Simon Snow. Il est son occupation principale, le héros d'une série de huit livres adulés par les jumelles. Et Cath ne s'arrête pas à la lecture, elle est une auteure assidue quand il s'agit de Fanfiction, et son "Carry on, Simon" dépasse les milliers de vues. Mais il faut parfois sortir de sa chambre, s'ouvrir aux autres, regarder en face ce qui nous pèse. Et bien que Cath se sente complètement inadaptée à la vie en société, la présence de Levi, Reagan et Nick va peut-être lui permettre d'ouvrir la porte à la vie, la vraie. 

Ce résumé est super cheesy mais je l'assume, à moitié. Je n'arrive pas à faire un résumé qui ne soit pas niais, alors que bizarrement, ce roman ne l'est pas. Et comme beaucoup de livres que j'ai aimé, je vais très mal en parler. L'idée à retenir dès maintenant est : Lisez Fangirl, parce qu'il est vraiment très très bien. 

Rainbow Rowell a procédé de manière assez astucieuse, en créant une série de livres intitulée Simon Snow, totalement inspirée d'Harry Potter, afin de créer une base à l'obsession de Cath. Simon Snow est un sorcier dont on suit les aventures dans huit livres, qui ont été adaptés au cinéma, et dont le but est de combattre les forces du mal. Bref, une intrigue que l'on connaît bien, et dont l'addiction n'est plus à prouver. Mais afin de montrer l'importance de ces livres, de ces personnages dans la vie de Cath, l'auteur insère des passages de cette série "Simon Snow" ainsi que des passages des fanfictions écrites par l'héroïne. Ca renforce l'impression de réalisme et, chaque passage étant lié à l'intrigue principale, ça crée de petits clins d'oeil entre l'auteur et le lecteur. 

On aborde à la fois les relations familiales parent/enfant (que ce soit vis à vis du père des jumelles mais aussi de leur mère) ainsi que les difficultés des relations entre jumeaux (le besoin d'indépendance notamment). Mais on suit également l'arrivée à l'université, les difficultés d'adaptation, l'envie de grandir, ou celle de rentrer en courant chez ses parents. Le côté sentimental n'est pas la priorité du livre, bien qu'il soit très important au fur et à mesure que l'intrigue avance. Mais tout est toujours fait avec cet humour que j'adore et qui me fait éclater de rire. L'humour de Rainbow Rowell est vraiment excellent, beaucoup dans le second degré, dans l'absurde. C'est ce qui m'a fait beaucoup apprécier le personnage de Reagan. 

C'est un roman parfait à lire en vacances, dans un moment où l'on est détendu, où l'on ne veut pas trop se prendre la tête, que l'on veut un bon college novel à tendance légèrement geek/girly. Mais surtout un roman assez intelligent qui permette de s'identifier rapidement et que l'on n'a pas vraiment envie de quitter. (Et puis, flûte, cette histoire de Simon Snow m'intrigue, je lirais bien ses aventures, avec Baz, Agatha, Penelope, tous ces personnages de fiction qui n'existent même pas vraiment.) 

Rainbow Rowell. Fangirl. Macmillan, 2013.
 459p. 

Dimanche 3 août 2014 à 22:30

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 " Les yeux bleus se fixèrent cette fois sur les siens et il s'exprima distinctement. "Je suis votre mari", dit-il en s'attardant sur le "Je suis". Il sourit, en faisant à moitié la moue. 
"Quoi ? dit-elle en le dévisageant. De quoi parlez-vous?" Elle était prise de frayeur.
Il se passa les doigts dans ses cheveux blonds ébouriffés. Il avait des mains de travailleur. "Je suis votre mari, répéta-t-il. Je reviens d'Angleterre." Comme s'il récitait un texte qu'il avait appris, il poursuivit: "Je suis arrivé à Halifax la semaine dernière. J'ai envoyé un télégramme." Il s'interrompit, puis répéta une nouvelle fois :" Je suis votre mari". "

http://www.etenplusellelit.fr/images/9782757838761.jpgLe narrateur de ce roman est un écrivain en mal d'inspiration. Préférant converser avec son voisin plutôt que d'affronter la page blanche, il finit par s'intéresser de très près à l'histoire de cet homme, et à celle de sa mère, plus particulièrement. Mme Vanderlinden, mariée à un anthropologue souvent absent du domicile conjugal, ouvrit un jour la porte de chez elle pour se retrouver face à un parfait inconnu. Inconnu qui lui déclara tout de même : " Je suis votre mari". Que s'est-il passé ? Qui est cet homme et qu'est devenu le vrai Rowland Vanderlinden ? A travers le monde, et le temps, notre narrateur déroule le fil des souvenirs d'un homme qui a passé sa vie à enquêter sur ses origines.

Véritable roman à tiroir, l'épouse hollandaise emporte son lecteur à travers une suite d'aventures incroyables, et incroyablement passionnantes.  Il est totalement impossible de lâcher ce roman, une fois que vous avez mis le nez dedans. Eric McCormack est un conteur hors pair, un magicien des mots, et le seul défaut de ce livre est qu'il soit trop court. Je suis tout à fait objective dans cet article, vous l'aurez senti. 

C'est un roman d'aventure, une saga familiale, un récit de voyage, un roman d'apprentissage : c'est un livre multiple. Chacun peut y trouver son compte. Après un début étonnant sur  les vers de Guinée, le narrateur commence par perdre son lecteur en parlant de lui, puis de la maison où il vit, puis de son voisin... Avant d'arriver au coeur du roman. Et chaque anecdote en entraîne une autre, chaque parenthèse est elle-même incluse dans une autre parenthèse narrative. On croirait entendre un aïeul un peu bavard qui voudrait tout dire, tout raconter, en un minimum de temps, et qui se perd dans ses souvenirs. 

C'est vraiment un roman exceptionnel, peuplé de personnages attachants, faillibles, complexes, mus par des volontés propres parfois difficiles à cerner. Et c'est à leur avantage, car ils nous surprennent en permanence. Le tout porté par un style incroyable, une langue fluide mais travaillée, bref, un vrai plaisir littéraire comme on en trouve peu. 

Eric McCormack. L'épouse hollandaise. Points, 2014. 370p. 

Dimanche 3 août 2014 à 21:07

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 " Cette fois, le voisin de droite fait les gros yeux pour de bon. Dans un grondement, il intime le silence à l'Américain. Celui-ci fait mine de ne pas avoir compris, et l'homme pose à nouveau son index sur ses lèvres épaisses, dans un violent froncement de sourcils. L'Américain baisse la tête, et l'air dévasté de culpabilité, murmure : " Ton abject orifice buccal semble plus adapté au soulagement prostatique de canidés errants qu'à insultantes admonestations. Cours plonger ta tête dans la première sanisette venue, et te repaître d'étrons mous." 

http://www.etenplusellelit.fr/images/9782749126111.jpg Prenez quelques yakuzas légèrement en colère ; un ancien Marine américain au langage châtié, un universitaire assez innocent à qui l'on demande de voler une bouteille de saké appartenant à Quentin Tarantino. Ajoutez une jeune garagiste accro aux stupéfiants et plutôt calée en auto-défense. Laissez patiemment monter les griefs des uns envers les autres. Ajoutez une dose de quiproquos, d'incompréhension, de malchance, et de hasard. Donnez-leurs des armes. Et faites exploser le tout dans le plus petit bar du Japon. Vous aurez un aperçu de l'univers déjanté de Diniz Galhos.

C'est un roman difficile à résumer, puisqu'il est fait de plusieurs histoires apparemment sans lien convergeant pourtant vers le même but. Le rythme est rapide, enlevé, les personnages tous plus odieux les uns que les autres, ou alors de gentilles victimes sans aucun panache, c'est plaisant. Les clichés ont de la saveur, j'ai particulièrement apprécié le verbe de l'ex Marine, c'était truculent. 

C'est une des grandes qualités de ce roman : la langue. On sent le bagage littéraire et culturel de l'auteur, son travail dans le domaine de la traduction. La langue est riche, travaillée, et même si dans Gokan on parle beaucoup comme des charretiers, les tournures ne sont pas anodines. L'auteur ayant été le traducteur de la saga du Livre sans nom, j'ai retrouvé un peu le style, le goût pour les bons mots, les réparties cinglantes. C'est un roman qui va vite, les paroles fusent, les balles aussi. 

L'histoire, intéressante mais finalement pas si mémorable, m'est moins restée en tête que le plaisir que j'ai pris à lire ce texte. C'est vraiment l'écriture qui m'a charmée, plus que les personnages. J'ai tout de même beaucoup apprécié la scène finale, le grand dénouement, le moment de suspense ultime, où tous nos personnages se retrouvent, courant chacun après des buts divers, mais tous dans l'optique de s'entre-tuer. Et comme pour la saga du Livre sans nom, Gokan est un roman qui pourrait tout à fait être adapté par Quentin Tarantino, tant son esthétique littéraire est quasi cinématographique. 

Diniz Galhos. Gokan. Cherche midi, 2012. 212p. 

Dimanche 3 août 2014 à 21:01

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 " ceci est mon livre et je l'écris de ma propre main
nous sommes en l'an de grâce mille huit cent trente et un, j'ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.
et chaque feuille a ses veines.
chaque tronc a ses fissures.
je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait. " 

http://www.etenplusellelit.fr/images/1503687gf.jpgMary n'est pas une jeune fille instruite. Elle n'a pas pu aller à l'école, et jusqu'à très récemment, elle ne savait ni lire ni écrire. Elle est née et a été élevée à la campagne, dans une ferme, avec ses parents, ses trois soeurs et son grand-père impotent. Elle ne passe pas inaperçue, avec sa jambe qui boîte, un accident de naissance, et ses cheveux qui ont la couleur du lait. Ce qui la distingue aussi des autres, son caractère, toujours à dire ce qu'elle pense, avec une spontanéité déconcertante. Lorsque le pasteur lui demande son aide pour s'occuper de sa femme, malade, elle accepte, à contrecoeur. Quitter sa famille lui donnera l'opportunité d'apprendre à lire, et à écrire. Mais il y a un prix à payer pour tout cela. Et Mary n'est pas prête à le payer, alors elle écrit, écrit, écrit encore, afin de dire ce qu'il s'est passé, ce jour-là, afin de laisser une trace, afin de ne pas disparaître. 

Voilà un roman étonnant, par sa forme. L'auteur a cherché à se rapprocher au mieux de son personnage, une jeune femme du dix-neuvième siècle sachant à peine lire et écrire. Pas de majuscules, des fautes de conjugaison et de grammaire à faire bondir un académicien, une oralité perceptible. On s'y fait, très vite. On rentre rapidement dans cette histoire, on apprivoise le rythme, et tout cela devient presque naturel, même les "j'ai sorti" et autre incongruités. C'est ce qui fait le charme, la vraisemblance du roman. 

L'histoire,elle, est moins charmante. On suit une jeune femme exposée à une violence verbale et physique au quotidien, rien de mortellement dangereux, juste assez pour vivre dans la peur, dans l'humiliation. La vie à la ferme n'est pas facile, chaque personne doit gagner sa croûte, les impotents, les handicapés sont un fardeau et on leur fait comprendre. Il n'y a aucune alternative, aucune issue, si ce n'est peut-être celle d'aller travailler pour quelqu'un de plus aisé, de passer ses journées loin du froid mordant, à s'occuper d'une maison. Ce n'est pas la grande vie, mais c'est déjà un peu plus confortable. 

On se doute assez rapidement de ce qui va se produire, on le pressent, on n'a pas très envie d'avoir raison. C'est un roman court, mais qui contient énormément de choses, malgré tout. Et quand le dénouement survient, on quitte avec un peu de regret une jeune femme attachante que l'on commençait à apprivoiser. Un roman assez fort, bien écrit, et dont la forme peut surprendre, mais aussi séduire beaucoup de lecteurs. 

Nell Leyshon. La couleur du lait. Phébus, 2014. 175p. Sortie le 20 août 2014 

Dimanche 3 août 2014 à 20:51

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 " Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se forge, qu'est-ce qui cristallise en ces minutes ? Le vieux ne le sait pas plus qu'il ne le pense, mais il le vit dans ses entrailles. Il entend les deux respirations, la vieille et la nouvelle : elles confluent comme des rivières, s'enlacent comme des serpents amoureux, murmurent comme deux feuilles jumelles dans la brise. C'est comme ça qu'il l'a ressenti, il y a quelques jours, mais maintenant un rituel instinctif le sacralise. Il caresse ses amulettes à travers la toison de sa poitrine et, pour expliquer son émotion, évoque l'orme sec de la chapelle : il doit sa seule verdure au lierre qui l'enlace, mais c'est grâce au vieux tronc que le lierre, à son tour, parvient à croître vers le soleil."

http://www.etenplusellelit.fr/images/70571090.jpgObligé de quitter sa Calabre afin d'aller faire des examens de santé, un vieux paysan se retrouve à Milan chez son fils et sa belle-fille. Rien de tout cela ne lui plaît : le Nord, la ville, les manières des gens, leur nourriture délicate... Il aime la rudesse du sud, le soleil, le vin, les femmes, les souvenirs de la guerre, quand il se cachait dans les montagnes. C'est à cela qu'il se raccroche, à la fin de sa vie. Il sait qu'elle approche, que la Rusca lui grignote petit à petit le ventre, qu'il se bat contre quelque chose qui va gagner. Mais il lui reste encore assez de temps pour profiter de son dernier trésor, son petit-fils Brunettino, cet enfant espiègle, si petit, si fragile mais porteur de tant de vie. Il lui reste encore assez de temps pour essayer de lui apprendre un peu la vie, de lui faire partager ses souvenirs, d'être un repère, un phare pour la suite. Et dans l'hiver milanais, soudain une femme entre dans la vie de cet homme, une femme qui lui donne l'impression d'être un jeune homme à nouveau... 

Le sourire étrusque traînait dans ma PAL depuis au moins deux ans et demi, mais grâce au Hot Summer Challenge, je l'en ai sorti et l'ai lu la semaine dernière. Je reste assez mitigée sur ce roman. pour différentes raisons. Tout d'abord, j'en avais entendu des critiques dithyrambiques, et je n'ai pas retrouvé ce qui avait pu susciter un tel engouement. L'histoire n'est pas inintéressante, mais étrangement, tout ce qui se rapporte à l'Italie ne m'intéresse pas. De plus, l'auteur (espagnol) a agrémenté le texte de nombreux mots ou phrases en italien, donnant une impression de surcharge de "Mamma mia", ce qui m'a surtout agacée. Je déteste les clichés, et avoir un roman dont les phrases sont ponctuées d'expressions convenues, intelligibles par tous et assimilées comme des phrases "typiques" d'un pays, ça me gâche mon plaisir. 

Ensuite, je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages. Ils ne sont pas méchants, ou désagréables, ils sont juste assez plats. L'auteur n'approfondit pas la personnalité de ses protagonistes, ce qui est dommage. Mis à part un travail assez réussi de mise en avant de la sénilité grandissante du vieux, on reste assez dans le superficiel. Le style n'est pas non plus mirobolant, je n'ai pas été conquise par la poésie de l'auteur, et certaines phrases, peut-être à cause de la traduction, m'ont carrément semblé bancales. 

Au-delà de ces aspects assez négatifs, je ne peux pas dire que l'on passe un mauvais moment avec Le sourire étrusque. On peut même parfois être pris, dans les souvenirs de la guerre du vieux par exemple. Et le lien entre le vieux et son petit-fils est assez touchant, c'est une belle histoire. Mais une histoire où je suis restée à l'extérieur. Je me suis contentée de regarder les personnages évoluer sans avoir envie d'être avec eux, au contraire de beaucoup de romans. Et c'est dommage. Au final, une déception, mais un roman qui n'est pas totalement à jeter non plus ! 

José Luis Sampedro. Le sourire étrusque. Métailié, suites. 1999. 319p. 

L'image du haut de l'article vient d'ici.
 

Dimanche 3 août 2014 à 20:38

http://www.etenplusellelit.fr/images/P6308073Copie-copie-1.jpg " Malgré elle, les larmes barrent le visage de Rachel à la vue de Jacob franchissant la porte de l'appartement. Elle le retient, l'asperge d'eau de fleur d'oranger, pose son bracelet en or et quelques louis à la lisière du palier, y verse de l'eau. Marche sur l'or mouillé, Jacob, ma vie, sors et rentre, tu nous reviendras en bonne santé, que Dieu te protège. Jacob s'exécute de bonne grâce, même s'il a du mal à croire à ces histoires de protection divine mêlée à l'eau et à l'or. Il embrasse Madeleine, Camille et Fanny, ébouriffe les cheveux de Gabriel qu'on a remonté de la cave pour l'occasion et lui adresse un clin d'oeil." 

http://www.etenplusellelit.fr/images/jacobjacobzenatticouv.jpg Jacob avait eu la chance d'aller à l'école, même si ça avait été compliqué quand les juifs d'Algérie ont été écartés de tout. Mais il avait appris. C'était un jeune homme plein de vie, avec mille possibilités devant lui, un destin à construire, une vie entière à s'inventer. Au milieu de ses neveux et nièces, lui le plus jeune de la fratrie, presque encore un enfant, ou même avec Lucette, celle qui le dévore du regard. Il y aurait mille choses à faire, travailler à la cordonnerie, regarder Rachel, sa mère, préparer le repas pour les hommes, apprendre à Gabriel, son neveu, à faire des ricochets. Mais il y a la guerre, celle qui prend les fils et les maris, celle qui les emmène libérer une France qui ne voulait pas d'eux, quelques années avant. Et qui maintenant avale gloutonnement son contingent de jeunes hommes, leur vie fauchée et laissée dans un fossé d'Alsace. Mais Jacob ne part pas seul libérer cette France qu'il n'a connue que sur les cartes de géographie. Il y a Ouabedssalam, Bonnin, Attali et les autres, tous aussi jeunes, aussi fragiles. Et comme un enfant, ce qui le rassure, au creux de la nuit, c'est de répéter son nom, pour prouver qu'il existe, doucement, Jacob, Jacob... 

Ne me dites pas :" Encore un livre sur la guerre" avec vos yeux désespérés. Oui, Jacob, Jacob est un roman sur la guerre, mais ce serait bien trop simple de s'en tenir à cela. C'est un roman court, mais puissant, intense, sur la vie, sur la guerre, sur la mort, sur ceux qui restent, sur la famille, sur l'amour aussi, le premier, celui qui transcende. De son village de Constantine aux chemins enneigés d'Alsace, on suit le funeste chemin de Jacob, celui, déjà tout tracé, dont la trajectoire rejoint celle de milliers d'autres jeunes hommes comme lui. 

C'est un roman très fort, porté par une écriture subtile, puissante. Chaque émotion est juste, et justement décrite, tout dans ce roman donne une impression de justesse. Rien n'est trop, ou pas assez. C'est un roman court, mais qui concentre son action, ses émotions. Tout est assez rapide, le départ, l'annonce qu'il n'y aura pas de retour, quelques mois, au plus. Et au-delà du destin de Jacob, on entre également dans le ressenti de ceux qui gravitent autour du jeune homme, la mère, la belle soeur, l'amoureuse transie, la femme qui accueille ce soldat... Tous ces regards de femmes se posent avec bienveillance sur un jeune homme à qui l'on voudrait tout donner. 

Belle découverte dans la foisonnante rentrée littéraire qui s'annonce, Jacob, Jacob frappe par sa puissance, par ce style si particulier, presque oral, qui lance les mots, les phrases, comme une urgence de dire, de parler avant que la voix ne s'éteigne. Alors non, ce n'est pas "encore un roman sur la guerre", c'est un roman sur la vie, sur la vie avant la guerre, et sur cette manière cruelle qu'a la guerre, d'arrêter la vie. 

Valérie Zenatti. Jacob, Jacob. L'olivier, 2014. 166p. Sortie le 21 août 2014

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